Les Accents de la France: Jake Mayerson

Il est plutôt fascinant d’examiner comment un peuple, si semblable, peut être en même temps si différent. En effet, la langue et surtout les accents révèlent une situation dans laquelle l’idée susmentionnée s’avère. Il faut l’avouer, s’il n’existe qu’un élément dans la culture française qui mérite un deuxième coup d’œil, cet élément est l’accent français. Il existe plusieurs accents régionaux dans les quatre coins de la France qui soulignent les spécificités infranationales, et même des villes spécifiques - celles qui rendent une identité profonde et significative aux citoyens, une identité plus spéciale que juste « française ». Bien que cet essai ne soit pas du tout compréhensif en termes des multitudes accents de France, on va examiner ci-dessous, plus en détail, des accents qui viennent des régions de France où la disparité parmi les sons sont les plus reconnaissables, et bien sûr, l’accent de Paris.

Commençons avec l’épicentre de la France, avec une discussion des accents d’Île de France (Parisiens). On dit souvent que les Parisiens « avalent » la lettre « e » lorsqu’ils parlent. Pour décrire cet exemple, prenons la phrase « Je ne veux pas que notre bijoutier casse la fermeture de mon collier ». Un Parisien, en « avalant » les « e », prononcerait la phrase comme « J’veux pas qu’not’bijoutier casse la fermetur’ de mon collier ». Un autre aspect de l’accent Parisien qui est notable, c’est que les sons « é » et « è » sont un point de confusion. Pour décrire cet exemple, considérons la phrase « Jamais elle ne ferait une sieste sans son oreiller ». Un Parisien la prononcerait comme « Jam[è] elle ne fer[è] une sieste sans son or[èyè]. Paris, étant la ville principale de la France, beaucoup de régions et villes autour de Paris empruntent la même façon de parler que les Parisiens. Cela étant dit, il est parfois difficile de réaliser des expressions ou des jeux de mots/mots inventés qui n’existent qu’à Paris. Les différences les plus profondes à Paris et en Île de France, ce sont les différences phonétiques. Mais ce qu’on verra au fur et à mesure, c’est que l’accent d’une région ne se limite pas du tout à la phonétique.

Voyageons à Lyon, en France Centrale. Lyon est située dans la région Rhône-Alpes , d’environ 460 kilomètres au sud de Paris, qui comprend des autres villes connues comme Grenoble. Lyon, et la banlieue autour de ville possèdent un terme argotique très local ; il n’existe que dans cette ville. Le mot « pélo » à Lyon serait l’équivalent de « mec », « type », ou « un pote ».

En Alsace, une région située dans le Nord-Est de la France, les accents sont fortement influencés par l’allemand, considérant que la région est située juste à côté de l’Allemagne. En fait, Strasbourg, la plus grande ville d’Alsace, se trouve à la frontière de l’Allemagne. Il suffit de dire, au moins dans une certaine mesure, que les habitants d’Alsace parlent la langue française avec un accent allemand. En ce qui concerne leur dialecte, on va se concentrer sur deux mots qui sont propres à la région. Tout d’abord, le mot « sac » est la façon d’exprimer cet objet dans la vaste majorité de la France. Cependant, avec l’influence allemand en Alsace, on dit « sachet » pour identifier un sac dans la région. Ensuite, nous avons un mot qui est même plus spécifique à l’Alsace que « sachet », et, franchement, très étrange dans la langue française. En montrant l’influence allemande au plus haut degré, le mot « schlouk » est né en Alsace. Ce mot alsacien vient du mot allemand « schluck », qui est compris comme « une petite gorgée » dans le reste du pays. Évidemment, ce mot est regardé comme très bizarre dans toutes les régions de la France, hormis en Alsace.

Concentrons-nous maintenant sur la ville de Marseille, dans le Sud de la France. Marseille est situé dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, un endroit populaire pour les vacances en France grâce aux conditions climatiques qui y sont favorables. Comme pleines d’autres régions, Marseille n’est pas une exception en ce qui concerne la possession de son propre dialecte/accent. C’est donc ainsi qu’on examine quelques mots qui sont uniques au dialecte de Marseille. La majorité de la France connaît le mot « serpillère » pour l’instrument qui aide à nettoyer le sol. À Marseille, on dit plutôt « toile » pour identifier cet objet. Le mot « fada » est unique à Marseille et comporte un double sens. Ça veut dire soit quelqu’un qui est naïf ou fou, soit il est considéré comme un terme affectif. Cela dépend du contexte, et, en fait, peut bien être source de malentendus qui peuvent potentiellement aboutir à diverses tensions et disputes entre les personnes.

On croit trop souvent que les barrières linguistiques n’existent qu’entre deux langues différentes, mais enfin, on voit un exemple comme ça et, évidemment, même les accents différents au sein d’une même langue peuvent également contribuer des désaccords. Le mot « pain au chocolat » est la version la plus connue afin de décrire une tranche de pain avec du chocolat dedans. Mais dès qu’on arrive dans les régions qui constituent le Sud-Ouest de la France, on dit plutôt « chocolatine » pour décrire la même chose. C’est une différence de dialecte parmi les plus connues en France. A propos du Sud-Ouest de la France, il faut aussi mentionner le mot « gavé », qui est attribué à la ville de Bordeaux dans la région Aquitaine. « Gavé », cela veut dire « beaucoup » ou « plusieurs » (c.-à.-d. « c’est gavé bien ! » veut dire la même chose à Bordeaux que « c’est très/trop bien ! »).

En Normandie, il y a beaucoup de mots que l’on n’entend qu’en Normandie. Premièrement, il y a le verbe « bouiner ». De manière générale, cela veut dire « ne faire rien d’utile » au registre très familier. Par exemple, la phrase « Qu’est-ce que tu bouines ? » est l’équivalent de « qu’est-ce que tu fais ? » ou « qu’est-ce que tu fabriques ? » dans toute autre région. Comme toute la France, des averses arrivent en Normandie, mais il ne faut pas apporter votre « parapluie » - plutôt, on emploie le mot « un pépin » pour cet objet qui nous permet de rester secs. Quand on part de la maison, il faut fermer et puis « verrouiller » la porte. En Normandie, par contre, on dit qu’il faut « clencher » la porte.

Nous allons maintenant examiner une expression, plutôt qu’un mot, qui est employée uniquement en Bretagne. Cette phrase/question, « Tu vas à la pêche aux moules ? », est une expression idiomatique qui ne peut pas être comprise littéralement. Cette expression ne veut pas dire que quelqu’un aime bien les fruits de mer, mais plutôt que leur pantalon est trop court; cela rend cette expression pleine d’humour. En parlant de Bretagne il faut aussi reconnaître un mot qui est, comme l’expression d'auparavant, très unique à la région. Ce mot, « gast », est aussi humoristique, jusqu’à-ce que vous le rédigiez à votre professeur - car cela veut dire la même chose que « putain », juste à la façon bretonne !

Revenons au Sud de la France et à la phonétique. La région du Midi-Pyrénées a un son très unique qui semble étrange aux français dans le reste du pays. Les mots « père », « mère », et « frère » mettent l’accent sur le « -RE » à la fin. Le mot « avec » est aussi prononcé différemment - l’accent du midi le prononce comme « avec-QUE », comme s’ils ajoutent « -QUE » comme une terminaison après avoir déjà dit « avec ». Le mot « loin » est dit dans une façon plutôt bizarre en comparaison aux autres régions - en Midi-Pyrénées, on le prononce comme « LOUAINE », et cela rend le mot presque impossible à comprendre à moins que l’on connaisse l’orthographe (« loin »).

Mes dernières pensées viennent de deux entretiens avec deux magnifiques jeunes femmes françaises. Merci à Lisa, une pure souche de Champagne-Ardenne, qui ne croit pas du tout qu’elle ait un accent quand elle parle. Étant à moins de deux heures de Paris, elle m’a dit que son accent est l’accent français standard. D’après le temps que j’ai passé avec elle, l’été dernier, elle fait beaucoup de commentaires à propos de l’accent des Français de la France Centrale, Occidentale, et du Sud ; qui ont un accent « plutôt bizarre et parfois moche ». Elle critique particulièrement les accents du Sud-Ouest du pays, puisqu’elle regarde sa marraine, qui habite là, comme une femme « maléfique et sans-cœur », mais surtout car ils prononcent les mots d’une « façon irritante qui les rend trop difficile à comprendre - et aussi trop difficile à écouter; ils me donnent des maux de tête ! » Un mot en particulier qui embête mon amie est « août », comme il est dit dans le Sud-Ouest. Même si je me rends compte de la façon bizarre comme ils le prononcent, comme « À-OÛT », je ne peux pas comprendre jusqu’à maintenant pourquoi elle le trouve si pénible ou maligne.

Ensuite, merci à Camille, une pure souche d’Auvergne. Contrairement à Lisa, Camille pense qu’elle a un accent prononcé lorsqu’elle parle aux autres personnes françaises. Elle m’a dit que « parfois, je me sens gênée en parlant avec un Parigot… il y a certains qui me regardent avec les yeux grands ouverts, qui sont visiblement choqués par mon accent. Ils savent tout de suite que je ne suis pas une vraie Parisienne… mais ça va ». Il me semble qu’elle soit fière de venir d’où elle a grandi. Comme j’ai dit auparavant, cette dissertation est loin d’être exhaustive. Mais en décrivant les accents spécifiques que nous avons abordés, il faut retenir qu’avec une langue, et même un pays, qui nous apparaît homogène, il y a toujours plus de variantes qu’on ne croit. Il faut, donc, faire une analyse, comme j’ai fait dans cet essai, afin d’approfondir la connaissance avec les subtilités de la langue française.

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